Emilie Bonnet et Goldman

Émilie Bonnet & Jean-Jacques Goldman : quand Sweet Memories écrivait des chansons avant leur renaissance

À l’aube des années 1980, alors qu’il construit encore sa carrière solo, Jean-Jacques Goldman explore aussi l’écriture pour d’autres artistes. Sous le pseudonyme Sweet Memories, un alias qu’il utilise à cette époque pour dissocier ses compositions de son image d’interprète, il signe plusieurs titres destinés à d’autres voix, dont celle d’Émilie Bonnet.

J’essaierai d’oublier : un titre confidentiel, un destin singulier

En 1983, Émilie Bonnet enregistre le single J’essaierai d’oublier, écrit et composé par Sweet Memories, alias Jean-Jacques Goldman. Ce 45 tours sort en France (et aussi au Canada) sous l’étiquette EMI Pathé Marconi et connaît une diffusion notable à la radio, notamment sur NRJ, avant d’être retiré rapidement des ondes et des bacs.

Le choix de Goldman d’utiliser un pseudonyme à cette époque s’inscrit dans une démarche artistique et professionnelle : il souhaitait parfois protéger sa propre identité tout en mettant pleinement en avant l’interprète qu’il accompagnait..

45 Tours et Album

Emilie Bonnet et Jean-Jacques Goldman

Rencontre, création et malentendus

Selon différents témoignages et archives, la chanson est née après une rencontre entre Goldman et Bonnet lors d’une émission radio. Séduit par la voix singulière d’Émilie, Goldman lui propose une chanson initialement intitulée Si tu veux m’essayer. Le titre est alors modifié suite à des réticences de l’entourage professionnel d’Émilie, donnant naissance à J’essaierai d’oublier.

Malgré une introduction prometteuse sur les ondes et une certaine présence en concerts, le single ne rencontre pas le succès escompté. Des désaccords professionnels et le retrait du disque des points de vente l’empêchent de s’installer dans les charts, laissant cette collaboration dans une certaine confidentialité.

Une seconde vie dix ans plus tard

La mélodie et l’essence même de cette création ne disparaissent pas pour autant. Une décennie plus tard, Goldman revisite le titre original sous sa forme première — Si tu veux m’essayer — pour Florent Pagny, qui en fera un tube majeur en 1994. C’est là toute la richesse de cette histoire : ce qui n’a pas trouvé son public dans les années 80 renaît et s’impose sur le devant de la scène dans les années 90, preuve que parfois une chanson doit attendre son temps pour révéler tout son potentiel.

Sweet Memories : un nom, une époque

Le pseudonyme Sweet Memories n’est pas anodin. Il illustre la période exploratoire de Goldman en tant qu’auteur-compositeur pour d’autres artistes, tout en laissant son nom propre s’imposer progressivement dans la chanson française.

Aujourd’hui, J’essaierai d’oublier reste une curiosité discographique, un témoin précieux d’une collaboration artistique marquée par la passion, les hasards de l’industrie musicale et une mélodie qui finira, contre toute attente, par connaître sa juste place dans la mémoire collective.

Emilie Bonnet : Laisse entrer la lumière (CD)

Emilie Bonnet - 1993 - Laisse entrer la lumiere - CD - France - Recto